Guide · Électricité
Appareils en veille : la consommation cachée de votre logement
Julien M.
Mis à jour le 17 mars 2026Lecture 8 min
Coach énergie chez J'économise.fr (GEO.3L). Accompagne les foyers sur le choix d'offre, le changement de fournisseur et les démarches.
Publié le 17 mars 2026
Box, téléviseur, console, chargeurs : ces appareils consomment même éteints, jour et nuit. Pourquoi cette consommation cachée existe et comment la traquer.
Vous éteignez la télé, vous quittez le bureau, vous fermez la maison pour partir en week-end — et pourtant, une part de votre électricité continue de filer. C'est la consommation cachée : celle des appareils qui restent sous tension alors que vous les croyez à l'arrêt. Box internet, téléviseur, console de jeux, chargeurs oubliés dans les prises… Pris un par un, ces appareils paraissent insignifiants. Mais ils ont un point commun redoutable : ils consomment en continu, jour et nuit, sans jamais s'arrêter complètement.
Cette consommation a un nom familier : la veille. C'est cet état intermédiaire entre « allumé » et « débranché », où l'appareil reste prêt à réagir — à une télécommande, à une mise à jour, à une connexion — au prix d'une petite consommation permanente. Le mot est trompeur : on imagine un appareil endormi, alors qu'il travaille en réalité sans relâche, à bas régime.
Ce guide a un objectif simple : rendre visible ce qui ne l'est pas. Nous expliquons d'abord ce qu'est cette consommation cachée et pourquoi elle existe, puis nous passons en revue les appareils qui consomment même éteints, avant de voir comment les traquer et couper les veilles sans bouleverser votre quotidien. À aucun moment vous n'aurez besoin d'un appareil de mesure sophistiqué : un peu d'observation et une multiprise suffisent.
Un point de méthode pour bien lire ce qui suit. Nous parlons ici d'ordres de grandeur, pas de relevés au watt près : la consommation de veille de vos appareils dépend de leur modèle, de leur âge et de leur réglage. L'enjeu n'est pas de chiffrer chaque veille à la décimale, mais de comprendre la logique — pourquoi un appareil discret peut peser sur l'année — pour savoir où agir. Ce guide isole ce « socle invisible » ; pour comparer les appareils entre eux sur leur consommation totale, notre classement de la consommation des appareils électroménagers dresse le tableau d'ensemble.
La consommation cachée : c'est quoi ?
La consommation cachée, c'est l'électricité que vos appareils utilisent sans que vous vous en serviez activement. Elle se décline en deux situations très proches. La première, la plus connue, est la veille : l'appareil semble éteint — l'écran est noir, plus aucun son — mais une petite alimentation reste active à l'intérieur. La seconde est la consommation des appareils laissés allumés en permanence par nature, comme une box internet ou un répéteur Wi-Fi, qu'on n'éteint jamais vraiment.
Pourquoi cette veille existe-t-elle ? Parce qu'elle rend service. Un téléviseur en veille redémarre instantanément à la télécommande, sans attendre un long démarrage. Une box maintient votre connexion et votre ligne téléphonique disponibles à tout moment. Un appareil connecté reste joignable pour recevoir une mise à jour ou répondre à une commande vocale. Cette disponibilité permanente est confortable — mais elle a un coût électrique, modeste à chaque instant, qui s'accumule heure après heure.
Et c'est précisément là que se joue tout l'enjeu. La consommation cachée est faible en puissance — quelques watts, parfois moins — mais elle s'étale sur la durée la plus longue qui soit : les 8 760 heures d'une année entière, nuit comprise. Le calcul est révélateur : un seul appareil qui tire en permanence quelques watts, multipliés par 24 heures et par 365 jours, finit par cumuler des dizaines de kilowattheures sur l'année, sans jamais avoir « servi ». Or sur la facture, ce qui compte n'est pas la puissance instantanée, mais cette puissance multipliée par le temps. Additionnez maintenant la dizaine d'appareils concernés d'un logement, et ce socle de consommation permanent ne descend jamais à zéro, même quand personne n'est là — c'est là que l'enjeu devient réel.
Ce socle invisible a une autre particularité : il échappe à l'intuition. On évalue spontanément un appareil à l'usage qu'on en fait — la télé qu'on regarde le soir, la console du week-end. On oublie les heures, bien plus nombreuses, où ces mêmes appareils restent branchés sans servir. C'est ce décalage entre l'usage perçu et la consommation réelle qui rend la veille si discrète, et qui justifie qu'on s'y intéresse une bonne fois pour la maîtriser.
Quels appareils consomment éteints
Tous les appareils ne se valent pas face à la veille. Certains la pratiquent intensément, d'autres pas du tout. Voici les principaux coupables de la consommation cachée d'un logement, regroupés par famille — ceux à surveiller en priorité quand on part à la chasse aux veilles.
- La box internet et les équipements réseau. C'est souvent le poste de veille le plus important du logement, parce qu'on ne l'éteint quasiment jamais : la box fonctionne jour et nuit pour maintenir la connexion. Ajoutez-y le décodeur télé, un répéteur Wi-Fi, un éventuel routeur secondaire : tout ce petit monde reste sous tension en permanence, par construction.
- Le téléviseur et le matériel audiovisuel. Un téléviseur éteint à la télécommande reste en veille pour repartir instantanément. À ses côtés, une barre de son, un lecteur, une console de jeux laissée en veille de connexion (pour télécharger ou rester joignable) prolongent ce poste. La veille audiovisuelle se concentre dans le salon, qu'il est facile de couper d'un seul geste.
- Les consoles et appareils connectés. Une console moderne en « veille » ne dort pas vraiment : elle peut continuer de télécharger des mises à jour, rester joignable à distance ou maintenir des fonctions en arrière-plan. C'est l'un des appareils où le mode veille ressemble le plus à un fonctionnement réduit qu'à un véritable arrêt.
- Les chargeurs laissés dans les prises. Un chargeur de téléphone ou d'ordinateur portable branché sans appareil au bout consomme un peu, en transformant le courant en pure perte. C'est faible, mais multiplié par le nombre de chargeurs d'un foyer et par le temps où ils restent en place, le cumul n'est pas nul.
- Le petit électroménager avec horloge ou écran. Four, micro-ondes, machine à café, cafetière connectée : tous ceux qui affichent une heure ou gardent un écran allumé consomment en continu pour l'alimenter. Là encore, chaque appareil reste discret, mais leur addition forme une part du socle permanent.
Pour situer ces appareils par rapport aux gros postes du logement, le tableau ci-dessous classe les principaux équipements selon leur consommation annuelle totale (usage compris), du plus gourmand au plus sobre. Attention à bien le lire : il chiffre la consommation d'usage de chaque appareil, pas seulement sa veille. La veille, elle, est un supplément qui s'ajoute en arrière-plan, et qui ne figure pas comme tel dans ce classement — d'où sa réputation de consommation « cachée ». Ce repère sert surtout à voir que les appareils dont on traque les veilles (télé, froid, lavage) sont aussi, pour certains, des postes d'usage à surveiller.
| Appareil | Conso/an | Coût/an |
|---|---|---|
| Un chauffe-eau électrique | 2 592 kWh | 503 € |
| Un radiateur électrique | 1 080 kWh | 209 € |
| Un climatiseur | 540 kWh | 105 € |
| Un réfrigérateur | 259 kWh | 50 € |
| Un lave-linge | 166 kWh | 32 € |
Cette estimation est purement indicative : elle s'inspire de barèmes et de moyennes publics et ne remplace pas vos relevés de consommation réels. Vos montants effectifs dépendent de votre logement, de vos équipements et de votre contrat.
La solution la plus simple : la multiprise à interrupteur est l'arme la plus efficace contre les veilles. Branchez sur une même multiprise les appareils d'un coin du salon — téléviseur, barre de son, console, décodeur — et coupez le tout d'un seul geste en partant ou pour la nuit. Faites de même au bureau pour l'ordinateur fixe et ses périphériques. Réservez les appareils à ne jamais couper (box internet si vous en dépendez pour le téléphone, réfrigérateur, enregistreur en cours) à une prise séparée, qui reste alimentée. Ce simple tri permet de supprimer une partie du socle invisible sans rien perdre en confort.
Comment traquer et couper les veilles
Maintenant que vous savez où se cachent les veilles, voici comment les repérer puis les contenir. La démarche tient en deux temps : d'abord observer, ensuite agir. Aucun de ces gestes ne demande de travaux ni d'investissement lourd ; ils peuvent alléger la part « usages cachés » de votre facture, l'effet réel dépendant toutefois de votre équipement et de vos habitudes.
Pour repérer les veilles, le plus simple est l'observation à l'œil nu, le soir, lumières éteintes : les petites diodes rouges, bleues ou vertes qui restent allumées trahissent des appareils sous tension. Faites le tour des pièces et dressez la liste mentale de tout ce qui clignote ou affiche une heure alors que vous ne vous en servez pas. Pour aller plus loin, un wattmètre — une petite prise intermédiaire qui affiche la puissance consommée — permet de mesurer précisément la veille d'un appareil donné, et de hiérarchiser vos efforts selon votre situation.
Pour couper les veilles, plusieurs leviers se combinent selon le confort que vous souhaitez préserver :
- Grouper et couper avec une multiprise à interrupteur. C'est le geste le plus efficace : rassembler les appareils d'un même coin sur une multiprise commandée par un seul bouton, et l'éteindre quand la zone n'est pas utilisée. Un seul geste neutralise plusieurs veilles à la fois.
- Débrancher ce qui ne sert pas en continu. Un chargeur sans appareil au bout, une console qu'on n'utilise pas de la semaine, un appareil de saison rangé : autant de prises à libérer. Le geste paraît dérisoire, mais c'est la régularité qui compte.
- Programmer plutôt que surveiller. Une prise programmable ou une multiprise pilotée peut couper automatiquement certains appareils la nuit, puis les réalimenter le matin, sans que vous ayez à y penser. Pratique pour les zones aux horaires réguliers, comme un coin télé ou un bureau.
- Réserver les exceptions. Certains appareils doivent rester alimentés : une box dont dépend votre téléphone fixe, un réfrigérateur, un appareil en cours d'enregistrement ou de mise à jour. Identifiez-les une fois pour toutes et laissez-les sur une prise dédiée, pour couper le reste sans crainte.
Ces gestes relèvent des bonnes pratiques : leur effet dépend du nombre d'appareils concernés et de votre rythme de vie, et nous présentons donc des leviers, pas une promesse chiffrée. Pour situer la part que représentent vos usages spécifiques — dont ce socle de veille fait partie — dans l'ensemble de votre consommation, le plus utile reste de passer par notre calculateur. Et pour comprendre où part votre électricité poste par poste, notre page dédiée à la consommation électrique détaille chaque usage.
Comment on calcule
- Le classement des appareils est dérivé d'un usage représentatif (puissance × durée pour les appareils continus, énergie par cycle × cycles par semaine pour les appareils à lavages), selon le modèle de l'ADEME (énergie = puissance × durée d'usage).
- La consommation annuelle indicative en kWh qui en résulte est valorisée au prix repère de l'électricité publié par la CRE pour obtenir un coût annuel indicatif, hors abonnement.
- La consommation de veille proprement dite n'est pas chiffrée dans ce guide : elle dépend du modèle et du réglage de chaque appareil, et reste exprimée en ordres de grandeur physiques (quelques watts, en continu).
Détail des coefficients et des sources sur la page méthodologie.
Calcul-consommation.fr est un service gratuit de mise en relation édité par J'économise.fr (GEO.3L). Il est rémunéré par les fournisseurs partenaires en cas de souscription, sans surcoût pour vous. Les estimations affichées sont indicatives et ne constituent pas un conseil personnalisé.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la consommation en veille d'un appareil ?
C'est l'électricité qu'un appareil consomme alors qu'il semble éteint : l'écran est noir, plus aucun son, mais une petite alimentation reste active à l'intérieur pour qu'il redémarre instantanément ou reste joignable. Cette consommation est faible à chaque instant — de l'ordre de quelques watts — mais elle s'étale jour et nuit, toute l'année, ce qui forme un socle de consommation permanent qui ne descend jamais à zéro.
Quels appareils consomment le plus en veille ?
Les équipements réseau laissés allumés en permanence — box internet, décodeur, répéteur Wi-Fi — figurent souvent en tête, car on ne les éteint quasiment jamais. Viennent ensuite le matériel audiovisuel du salon (téléviseur, barre de son, console en veille de connexion), les chargeurs laissés dans les prises et le petit électroménager qui affiche une horloge. Chacun reste discret, mais leur addition constitue la part « cachée » de la facture.
Faut-il vraiment débrancher ses appareils pour économiser ?
Couper les veilles peut alléger la part « usages cachés » de votre facture, mais l'effet réel dépend du nombre d'appareils concernés et de vos habitudes : ce sont de bonnes pratiques, pas une promesse chiffrée. Le geste le plus simple est d'utiliser une multiprise à interrupteur pour couper d'un coup tout un coin du salon ou du bureau, tout en laissant sur une prise séparée les appareils à ne jamais éteindre (box dont dépend le téléphone, réfrigérateur).
Comment repérer les appareils qui consomment en veille ?
Le soir, lumières éteintes, repérez les petites diodes restées allumées : elles trahissent les appareils sous tension. Faites le tour des pièces et listez tout ce qui clignote ou affiche une heure alors que vous ne vous en servez pas. Pour mesurer précisément la veille d'un appareil donné, un wattmètre — une prise intermédiaire qui affiche la puissance consommée — permet de hiérarchiser vos efforts selon votre situation.
Sources : ADEME (ratios de consommation), CRE (prix repère et tarifs), Enedis / GRDF. Estimations indicatives — voir notre méthodologie.